JENNIFER ANDERSON

CONTE

RÉCIT

THÉÂTRE

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DU 11 AU 26 MAI, DÉCOUVREZ LES CAPSULES SONORES DU RÉCIT "LES PASSEURS DE LIVRES DE DARAYA" (CLIQUEZ ICI)

8 mai 2020, Grenoble.

 

Grand ciel bleu délavé. Quelques nuages fuient.

Une brise légère chahute les arbres. Depuis ma fenêtre ouverte, j’entends le bruissement des feuilles qui moussent sous la caresse du vent. Les oiseaux chantent…

 

Il y a 75 ans, le 8 mai 1945, un vent de liberté soufflait de nouveau ici et dans le monde : la seconde guerre mondiale prenait fin. La paix enfin faisait son entrée dans les rues dévastées, peuplées de millions d’absents. Bientôt le monde entier apprendrait l’existence des camps, l’horreur du génocide mais aussi plus tard, comment la musique, le théâtre, la poésie, les contes et les récits ont été une arme de résistance face à la barbarie, l’obscurantisme et la déshumanisation.

 

 « La vie est une bougie dans le vent » dit le proverbe. La culture, serait-elle la main qui protège (nourrie) la flamme ?

 

Lorsque Martine Carpentier -directrice du Centre des Arts du Récit- m’a annoncé l’annulation du Festival, elle m’a demandé si j’accepterais d’enregistrer une ou deux histoires pour les diffuser parmi d’autres, pendant la période du Festival prévue initialement du 9 au 23 mai. De ma bouche, les mots sont sortis tous seuls : LES PASSEURS DE LIVRES DE DARAYA ! Cette histoire folle, tragique et magnifique de ces jeunes révolutionnaires syriens, qui sous le feu des bombes créent une bibliothèque secrète dans les sous-sols de leur ville. Au cœur du chaos, par la culture, ils défient la violence sans nom du régime de Bachar Al Assad. Les livres, comme ultime rempart face à l’horreur. La lecture comme un acte de résistance. Les histoires comme un pont, pour s’extraire de l’enfer, enjamber le Styx et rejoindre la terre des vivants…

 

C’est l’odyssée de ces jeunes que je vous invite à découvrir ici. Une histoire vraie, recueillie grâce à ces fenêtres virtuelles que sont Skype ou Whatsapp. Un récit mis en mots par Delphine Minoui, grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient. Une histoire où le mot PASSEURS retrouve toute sa noblesse et (re)dessine cette chaîne humaine à laquelle nous appartenons.

 

C’est donc en hommage à tous les enfants, les femmes et les hommes opprimés subissant la guerre (la vraie) que je prête ma voix à ce si beau texte, à cet hymne à la liberté, que je me fais ici passeuse de mots. Pour cette édition inédite du festival des Arts du Récit, j’ai donc enregistré cette longue histoire en un prologue et 15 capsules sonores. Chaque jour à compter du lundi 11 mai, un nouvel épisode vous sera proposé.

 

Dans cette aventure, je tiens à remercier, Hervé Cadet-Petit pour le travail immense et patient de mise en musique et de réalisation. Merci à Martine Carpentier et au Centre des Arts du Récit pour leur invitation et cette nouvelle fenêtre qu’ils ouvrent sur Daraya. Merci aux Éditions du Seuil et un grand merci à toi Delphine pour m’avoir accordé ta confiance et éclairé mes pas.

 

Jennifer Anderson