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ÉDITO

Mardi 6 octobre 2026. Je suis dans les rues de Grenoble.

Une marée humaine joyeuse et déterminée avale l’asphalte. Comme beaucoup d’adultes présents, je suis le cortège, attentive et solidaire. Des bulles de savon s’élèvent au-dessus de la foule, là des danses s’improvisent, ici des chants. Des parents et des enseignants se prennent par le bras formant une longue chaîne humaine. 

Fin de la manifestation. Je rentre remplie d’un sentiment d’union, de fraternité, de cette joie amicale au sein d’une équipe. Au loin, les montagnes sous le ciel bleu forment une chaîne elles aussi.

Je repense à cet incroyable alpiniste, à ce poète de la montagne, Gaston Rébuffat. Il la considérait comme un espace d’amitié, de beauté et de fraternité. Gravir ses sommets n’était pour lui, ni conquête, ni compétition mais un hymne à la vie. Pour lui, il n’y a pas de premier ou de dernier de cordée mais une seule et même ligne qui relie les hommes face au vide. Si l’un tombe, la perte est celle de tous ; si l’un arrive au sommet, c’est la réussite de chacun. « Le fil de la corde n’est pas seulement un brin de chanvre, c’est le prolongement de la main de l’autre. »

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Aujourd’hui le monde nous rappelle cette interdépendance entre les êtres et tout le vivant. Une interdépendance vitale où notre capacité à faire équipe est urgente face aux enjeux immenses.

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Pour cette nouvelle saison, la compagnie Ithéré continue de nourrir sans relâche cet esprit de cordée : créer du lien, écouter la parole de l’autre et ensemble avancer d’un même pas vers l’inconnu.

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C’est cette énergie collective qui traversera notre prochaine création, Arminé, nous la déploierons aussi au CHU de Grenoble. Là-bas, dans les couloirs de l’hôpital où fragilité et dévouement se croisent sans cesse, nous irons interroger les liens invisibles de cet esprit de cordée. Nous donnerons la parole à celles et ceux qui engagés corps et âmes, soutiennent la vie. Questionner cette interdépendance vitale, interroger ses rouages, écouter la parole de toutes ces personnes qui font tourner cette grande machine humaine, c’est peut-être entre-apercevoir cette corde de chanvre pour réapprendre à faire société, pour retrouver le chemin d’une coopération.

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Partout, dans les hôpitaux, dans les rues, les écoles et dans les salles de spectacle, convoquons la joie, l’imaginaire, la poésie, l’altérité et la fraternité pour construire cette équipe vitale, pour rendre cet élan collectif possible.

J.A

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